ROMANS

CANTERBURY FIELDS

ROMAN

Si tous les manoirs anglais ne sont pas forcément hantés, celui de Canterbury Fields, propriété ancestrale des Chilham de Carlisle, en revanche, abrite un secret de famille qui pourrait se révéler bien plus dangereux que n’importe quelle apparition. La mort rôde, elle a déjà frappé…

Alors, quel lien peut-il exister entre Ellie Chilham de Carlisle, jeune journaliste libérale et libérée, des années folles, issue de cette très vieille famille de l’aristocratie britannique et Patraig Owen, un modeste ouvrier Irlandais du dix-huitième siècle ? 

Bouleversera t’il l’avenir tout tracé d’une héritière loin, très loin de se douter de quoi elle est capable ?

Oui, la vengeance est un plat qui se mange froid, mais les convives autour de la table dressée par le destin, ne sont pas forcément ceux que l’on s’attendait à y rencontrer. 

Et si certains êtres pouvaient traverser le temps pour savourer ce type de repas ? Finiraient-ils par y trouver la rédemption au travers d’un tout autre sentiment ?

… De son côté, la jeune Lady feignait d’ignorer ses yeux qui l’effleuraient, comme une caresse inopportune glissant le long de son cou dégagé par son carré court, à la « Diana Cooper ». Un sentiment profond, âpre, irrépressible, s’emparait d’elle. Rien, objectivement, ne le rappelait à sa mémoire. Jamais ils n’avaient été présentés. Alors d’où lui venait cette singulière sensation de familiarité ? L’un et l’autre se jaugeaient. Sans aucun doute, ils savaient qu’avant la fin de la soirée, ils en sauraient davantage l’un sur l’autre. Du moins le croyait-elle. La jeune femme le vit saisir le pied de son verre pour en faire tourner le contenu d’un geste précis, tout en humant avec une visible délectation le liquide, dont la généreuse viscosité tourbillonnait doucement dans sa tulipe de cristal resserrée au col. Posant en toute décontraction, il osait tout à fait naturellement, arborer une ombre de barbe sombre ainsi qu’une coiffure tout aussi peu normée, dans un endroit où le Code vestimentaire exigeait, à minima, une tenue correcte. Malgré tout, il semblait se sentir à l’aise dans ce type d’élégance tout à fait personnelle. Ses bottes militaires à rebords doublés, irréprochablement cirées en revanche, dénotaient un évident goût pour l’ordre. Quel étrange personnage, pensa-t-elle ! Pour un homme, il était plutôt beau. Si l’acier bleui au feu de son regard sombre coupait net toute velléité d’interposition, il ne paraissait pas le moins du monde dans une posture agressive. Sans doute n’était-ce pas nécessaire. Son attitude suffisait certainement à calmer les ardeurs les plus vindicatives… Pourquoi affichait-il un tel goût pour la transgression ? Cheveux à peine coiffés, mais bottes impeccables, vareuse militaire négligemment ouverte sur une chemise d’officier, à demi boutonnée, mais parfaitement blanche, une arrogance clairement assumée et une nonchalance mesurée. De toute évidence, il pliait les convenances aux dimensions de sa carte du monde…

Extrait de Canterbury Fields – Nathalie Courpeney

12 commentaires

  • Nela

    Voilà une auteure qui nous donne envie d’en savoir plus ! C’est chouette de nous donner déjà un avant goût de ses prochaines publications !

    • Nathalie

      Merci Nela pour votre appréciation ! Suivez mes aventures au fil de mes articles ! Et comme vous êtes une des premières à intéragir, une surprise vous attend !
      Bien literrairement !
      Gabri’yelle

    • Cassabois

      Très joli style d écriture,très personnel et riche!!
      Un extrait accrocheur,intrigant,qui me donne très envie de découvrir la suite!!!!
      Merci et bravo!!!!Quel talent!!!
      Bisous!!!
      Laurence

      • Nathalie

        Merci beaucoup pour ce commentaire Laurence, il transmet également une belle émotion. Rendez-vous donc très prochainement pour la surprise dévolue aux premières commentatrices !
        Nathalie

    • Nathalie

      Merci Fee pour votre commentaire. La suite arrive très vite ! Et comme vous êtes une des premières à intervenir, une petite surprise vous attendra bientôt dans votre boite mail !
      A très vite !
      Gabri’yelle

  • Victoire

    Depuis notre plus tendre enfance tu as toujours su m’emporter dans ton monde imaginaire, ton monde secret….Grâce à cet extrait tu m’embarques encore allègrement mais cette fois-ci je n’ai pas la fin de l’histoire, c’est très frustrant 🙂
    Je réalise en parcourant ton site que tu as pris à ton compte la citation d’Oscar Wilde « Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris ». Bravo pour ce très beau site regorgeant de belles gravures et pour ta persévérance dans l’écriture… si tu continues comme cela tu vas atteindre l’excellence même si je sais que ce n’est pas ce que tu recherches au premier plan. A très vite sur la toile et en live.

    • Nathalie

      Merci Victoire pour ton superbe message, plus qu’un message même, un mot d’amitié qui me touche énormément. Ta clairvoyance concernant Monsieur Wilde est tout à fait juste, et peut être ai-je fait de lui une sorte de mentor. Quoi qu’il en soit, tu recevras très prochainement de quoi étancher ta faim de la fin 😉 A très vite donc. Mille pensées

  • M.Thé

    Voilà un extrait qui donne très envie de connaitre la suite …C’est joliment et poétiquement écrit. Je m’embarquerait volontiers dans cette ambiance fantastique !
    Je crois que tu as trouvé ta voie…Que vogue ton bateau avec succès !!!
    Bisous chaleureux +++

    • Nathalie

      Merci du fond du coeur M.Thé. La suite arrivera très vite, plus que quelques jours de patience 😉
      Je suis très touchée par ton commentaire et j’espère que CANTERBURY FIELDS sera à la hauteur de ta lecture.
      Avec toute mon amitié.
      Nathalie

  • C. Sandrine

    En tant que bêta lectrice je suis très reconnaissante d’avoir pu découvrir ce roman en avant première J’ai été transportée dans ce monde fantastique que j’affectionne tant. Et bien évidemment j’ai été ravie de voir l’éclosion de cette romancière de talent et ce n’est que le début !

    • Nathalie

      Vraiment, vraiment un immense merci pour ta participation indispensable à la naissance de CANTERBURY FIELDS. Un écrivain sans ses bêta lectrices (eurs) est comme un papillon sans ailes : il ne peut s’envoler et voyager là où il a prévu de se rendre. Quant au talent, seuls mes lecteurs pourront en décider et je suis très touchée par ton appréciation. A très vite et au plaisir de te lire en retour.

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