Les personnages ambigus, une marque de fabrique
Créer des personnages complexes et troublants pour donner vie à mes romans
On pourrait croire qu’un personnage naît d’une idée claire. Ce n’est presque jamais le cas.
Au départ, il y a un trouble, quelque chose d’imprécis, une présence diffuse. Comme un murmure qui s’invite sans prévenir et ne demande pas la permission d’entrer.
Les personnages ne viennent pas pour être sages. Ils viennent avec leurs contradictions, leurs zones d’ombre, leurs tensions internes. Ils ne cherchent pas à être aimables, ils cherchent à être vivants..
Ils sont passionnants
Je ne crois pas aux trajectoires lisses. Ni dans la vie, ni en littérature.
Ce qui m’intéresse, ce sont les êtres pris entre plusieurs élans : ce qu’ils désirent profondément et ce qu’on attend d’eux, ce qu’ils montrent et ce qu’ils taisent.
Plus un personnage est tiraillé, plus il me semble juste. Plus il vacille, plus il devient crédible. Non pas parce que la souffrance serait une valeur en soi, mais parce que la complexité est humaine.
De leur complexité dépend l’histoire
Je ne cherche pas à fabriquer des figures exemplaires. Je préfère suivre des personnages qui avancent à tâtons, qui se débattent avec leur histoire, leur identité, leur époque et qui tentent de composer avec ce qui leur a été transmis ou refusé.
Ce sont eux qui donnent une direction au récit. Je ne les pousse pas vers un message. Je les accompagne là où ils résistent. Et forcément, à travers eux, quelque chose de moi affleure.
Pas sous forme de confidences, encore moins de démonstration. Plutôt par fragments, par échos, par résonances.
Je me raconte en creux. Par touches. Sans mise à nu spectaculaire.
Les personnages ambigus ont cette capacité rare :
- ils ne se laissent pas consommer.
- ils restent
- ils dérangent parfois
- ils demandent du temps
Et toi, lecteur·ice, quels sont ceux qui t’accompagnent longtemps après la dernière page ?


