POURQUOI CE ROMAN DEVAIT EXISTER
Comment « Là où tombent les anges » a pris ce chemin là.
Là où tombent les anges : tout est déjà dans le titre. Le pourquoi, le comment, et même l’issue de ce roman.
Un roman né du réel et du silence
Ce livre devait marquer un tournant dans ma manière d’exprimer le monde.
Simplement parce que ses personnages existent. Ils vivent souvent sans que tu le saches, dans ton voisinage, dans la discrétion la plus totale.
Ils pourraient être ta cousine, ton voisin, l’inconnu.e qui te sourit dans la rue, ou celui qui regarde la mer en silence en se demandant, sans bruit, pourquoi sa vie a pris ce chemin de traverse. Ou… ton amant, qui sait ?
Il s’agit peut-être même de toi.
Si l’histoire est fictive, les parcours, les amours, les joies et les souffrances, eux, sont bien réels. Ce sont des vies ordinaires, traversées par ce qui ne se dit pas.
Pourquoi quitter les récits lissés
Alors pourquoi passer du roman de gare au témoignage de vie ?
Parce que le monde dans lequel nous vivons est devenu un espace de lissage permanent : prudence excessive, récits aseptisés, injonctions au feel good dégoulinant, que ce soit dans les livres, les séries, les films ou les réseaux sociaux.
J’ai donc choisi d’emprunter une autre voie. De mettre en scène mon univers, loin de ces sentiers rassurants et bien éclairés.
J’ai choisi d’écrire le réel, le silence, le trauma, sans m’y complaire, sans m’y noyer, sans écrire en regardant mon nombril.
Écrire ce qui ne peut pas être dit
Là où tombent les anges, parce que oui, des anges tombent tous les jours en silence. Par loyauté, souvent. Par Amour, toujours.
Mais certains amours sont impossibles.
Parce que la société broie celles et ceux qui croient encore à la pureté du lien, au sens profond de la relation, à l’absolu de leurs engagements.
Une écriture de retenue
Ce roman n’est pas un récit spectaculaire. C’est une histoire de retenue.
Il se tient à distance du pathos, du sensationnel, des arcs narratifs propres et rassurants.
J’y affirme mon positionnement queer, une écriture lente, l’attention portée aux marges que l’on préfère ignorer ou réprouver, et aux traumas non résolus, sans me baigner dans leur sang.
Et puis et surtout, je signe mon refus du roman qui explique tout à la fin.
Les happy end restent une option, jamais une obligation.
Ce que ce roman ne promet pas
Écrire Là où tombent les anges, ce n’était ni chercher à réparer, ni vouloir expliquer.
C’était regarder en face ce qui ne se dit pas, ce qui ne se résout pas, ce qui continue malgré tout.
Ce roman ne promet rien. Il ne répare pas. Il n’explique pas.
Il se tient simplement là, à hauteur humaine, auprès de celles et ceux qui savent que certains amours, certaines loyautés, certaines blessures ne trouvent pas de place dans le bruit du monde.
Et toi, qu’est ce que tu en penses ?


